
Congés payés et CDD : le guide 2025
Chloé Tavares de Pinho
Diplômée de l’INSEEC et de l’Université de Reims en droit des affaires.
Un employé qui commet une faute lourde dans l’exercice de son activité peut recevoir une sanction disciplinaire. Le chef d’entreprise doit alors suivre une procédure, incluant un entretien préalable à une éventuelle sanction disciplinaire.
Quel est l’intérêt de cet entretien ? Dans quelles situations est-il obligatoire ? Quelle procédure doit suivre l’employeur ? Comment se déroule ce rendez-vous ? Comment le chef d’entreprise doit-il le préparer ? Est-ce que le salarié doit être présent ? Que se passe-t-il au terme de cet échange ? Legalstart répond à vos interrogations au sujet de l’entretien préalable à une éventuelle sanction disciplinaire.
Mini-Sommaire
En cas de faute lourde de la part d’un salarié, son employeur peut décider de délivrer une sanction disciplinaire à son encontre. Cependant, la loi l’oblige à proposer un échange avec l’employé, car ce type de décision peut avoir ensuite des conséquences importantes sur la vie professionnelle de ce dernier (salaire, poste, lieu d’exercice, etc.). Au cours de ce rendez-vous, le professionnel pourra se défendre et s’exprimer au sujet des accusations qui lui sont reprochées.
📝 À noter : une faute lourde correspond à une action non conforme aux obligations du salarié envers son employeur. Le fait de ne pas respecter le règlement intérieur, de ne pas respecter l’obligation de discrétion et de loyauté, ou encore de refuser de se conformer à une directive de l’employeur peut constituer un motif de faute lourde.
L’entretien préalable est obligatoire lorsque l’employeur envisage de délivrer une sanction disciplinaire à l’encontre de son salarié. Elle doit être proportionnelle à la gravité de la faute commise.
Les sanctions disciplinaires sont les suivantes :
⚠️ Attention : il est interdit à l’employeur de demander une sanction financière contre un employé qui a commis une faute.
Cet entretien n’est pas obligatoire si l’employeur envisage uniquement de donner un avertissement ou un blâme à son salarié, ces motifs n’entrainant pas de conséquence spécifique au niveau de ses conditions de travail (salaire, lieu d’exercice, fonction, etc.). Cependant, le règlement intérieur de l’entreprise peut l’exiger. Dans ce cas, le chef d’entreprise doit respecter la procédure habituelle.
Avant toute éventuelle sanction disciplinaire, l’employeur est tenu de respecter deux points essentiels :
L’employeur dispose d’un délai de 2 mois pour engager des poursuites disciplinaires à l’encontre de son salarié, à compter du moment où il a pris connaissance des faits. Il est alors tenu d’organiser l’entretien préalable avant son échéance. S’il ne respecte pas le temps imparti, les faits seront prescrits. Le chef d’entreprise ne pourra donc plus prendre de décision disciplinaire à l’encontre de son employé.
☝️ Bon à savoir : si le délai se termine un week-end, un jour férié ou chômé, il est reporté au 1ᵉʳ jour ouvré suivant.
L’employeur doit informer son salarié en lui envoyant une lettre de convocation à un entretien préalable à une éventuelle sanction disciplinaire par :
📌 À retenir : il n’y a pas de délai minimal imposé entre la date de réception de la lettre de convocation et la date de l’entretien, sauf en cas de licenciement (5 jours ouvrés). Il demeure cependant conseillé de laisser une durée suffisante pour permettre au salarié de trouver une personne de confiance pour l’accompagner au cours de l’entretien.
La lettre de convocation doit inclure obligatoirement l’objet de l’entretien (convocation pour sanction disciplinaire), le lieu, la date et l’heure du rendez-vous, ainsi que le fait que le salarié a la possibilité d’être accompagné au cours de cet entretien par un autre employé ou par un conseiller extérieur à l’entreprise. Cependant, le chef d’entreprise n’est pas obligé de préciser les faits reprochés au salarié au sein de cette lettre.
📝 À noter : d’autres mentions peuvent être exigées par la convention collective de l’entreprise.
Il convient d’être très attentif dans la rédaction de la lettre de convocation. En effet, toute erreur peut entrainer une contestation de la part de l’employé pour irrégularité de procédure. En outre, en cas de préjudice, le salarié peut exiger de percevoir des dommages et intérêts.
💡 Astuce : il existe des modèles en ligne de lettre de convocation à un entretien préalable à une sanction disciplinaire, notamment sur le site du Code du travail.
Non, le salarié n’est pas obligé de se présenter à l’entretien disciplinaire. L’absence du salarié ne peut pas être retenue comme faute. De son côté, le chef d’entreprise a néanmoins le droit de poursuivre la procédure.
☝️ Bon à savoir : l’employeur a d’ailleurs aussi la possibilité d’être assisté ou représenté par une personne habilitée à le remplacer.
En premier lieu, l’employeur explique au salarié les motifs de la convocation. Il relate les faits et les arguments en sa possession. Il rappelle aussi qu’aucune décision n’a encore été prise (sauf en cas de licenciement envisagé), et que cet entretien sert justement à voir si une sanction disciplinaire doit être imposée.
Le salarié est ensuite libre de défendre sa position, et d’apporter des explications sur les faits qui lui sont reprochés. La personne qui l’accompagne peut aussi s’exprimer sur la question.
Il est fortement recommandé de recueillir ces informations par écrit, afin de conserver une trace des échanges et des arguments évoqués au cours de l’entretien. Ce document peut alors être signé par les parties, et il constituera une preuve en cas de litige ultérieur.
Au terme de l’entretien, le chef d’entreprise ne donne pas sa décision finale au salarié. Il est effectivement obligé d’observer un délai de réflexion avant de se prononcer, d’une durée de 2 jours minimum.
Pour bien se préparer en vue de l’entretien préalable à une sanction, l’employeur doit en premier lieu rassembler l’ensemble des éléments dont il dispose au sujet des faits reprochés au salarié. Il peut ainsi récolter des témoignages ou des échanges de mail attestant les faits.
L’employeur doit ensuite se renseigner sur ses droits et ses devoirs, ainsi que ceux de son salarié. Il peut alors consulter à nouveau le Code du travail, la convention collective ou encore le règlement intérieur de l’entreprise pour étayer son argumentaire et s’assurer qu’il respecte bien la procédure de convocation préalable à une éventuelle sanction disciplinaire.
Enfin, il peut préparer la trame de son entretien pour n’oublier aucun élément. Il s’agit de pouvoir exposer clairement les faits reprochés et la manière dont ils s’opposent à la loi ou au règlement de l’entreprise.
📝 À noter : certaines conventions collectives exigent qu’un chef d’entreprise consulte le conseil de discipline avant de prononcer toute décision de licenciement.
Une fois que le délai de décision est passé, le chef d’entreprise rend son verdict. Il fait part de sa décision au travers d’une lettre par remise en main propre ou par lettre recommandée avec accusé de réception. Le document doit être envoyé au plus tard 1 mois après l’entretien.
Plusieurs issues sont possibles :
Le salarié a la possibilité de contester la décision de l’employeur auprès du conseil de prud’hommes si :
Le but d’un entretien disciplinaire préalable est d’exposer au salarié les faits qui lui sont reprochés et de recueillir sa défense. Ce dernier peut alors exposer son point de vue sur la situation et justifier, le cas échéant, ses agissements. À la suite de cet échange, le chef d’entreprise pourra prendre la décision de donner ou non une sanction disciplinaire à son salarié.
Tout salarié convoqué à un entretien disciplinaire peut être assisté par la personne de son choix. Il peut s’agir d’un autre employé de l’entreprise, ou bien d’un conseiller extérieur. Une liste de personnes habilitées est disponible en mairie ou à l’Inspection du travail.
À la suite d’un entretien préalable à une éventuelle sanction disciplinaire, plusieurs types de sanctions sont possibles. Il s’agit de la mise à pied disciplinaire, de la rétrogradation, de la mutation, du licenciement pour faute réelle et sérieuse, et du licenciement pour faute grave ou lourde. Il convient de noter que la gravité de la sanction doit être proportionnelle à la faute commise par le salarié.
Principales sources législatives et réglementaires :
Note du document :
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Chloé Tavares de Pinho
Diplômée de l’INSEEC et de l’Université de Reims en droit des affaires.
Sous la direction de Pierre Aïdan, docteur en droit et diplômé de Harvard.Fiche mise à jour le
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