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Fiches pratiques Gérer une entreprise Fiscalité de l'entreprise À quoi s’attendre en cas de contrôle fiscal d’une entreprise ?

À quoi s’attendre en cas de contrôle fiscal d’une entreprise ?

Léna Cazenave - Image

Léna Cazenave

Diplômée d'un Master 2 en droit de la propriété intellectuelle de l'Université d'Aix-Marseille. 
Sous la direction de Pierre Aïdan, docteur en droit et diplômé de Harvard.
(String: https://fs.hubspotusercontent00.net/hubfs/2323153/factsheet/assets/Controle_fiscal_entreprise.jpg)

 L’essentiel de l’article :

  • Le contrôle fiscal est mené par l’administration fiscale (DGFiP). Il porte sur les impôts de l’entreprise : IS, TVA, CFE…
  • Il prend deux formes : le contrôle sur pièces, fait depuis le bureau de l’inspecteur, et le contrôle externe (vérification sur place ou examen de comptabilité à distance).
  • L’administration peut en principe remonter 3 ans en arrière, et jusqu’à 10 ans en cas d’activité occulte ou de flagrance fiscale.
  • Avant une vérification, l’entreprise reçoit un avis de vérification et peut se faire assister d’un conseil. Pour les petites entreprises, la vérification sur place est limitée à 3 mois.
  • Après le contrôle, l’entreprise dispose de 30 jours, prorogeables, pour répondre à la proposition de rectification. Le paiement n’intervient qu’après la mise en recouvrement. En cas de redressement : intérêt de retard de 0,20 % par mois, et majorations de 40 % ou 80 % en cas de manquement délibéré ou de fraude.

Redouté par de nombreux dirigeants d’entreprise, le contrôle fiscal n’en demeure pas moins une procédure courante, qui vise simplement à vérifier l’exactitude des déclarations fiscales de l’entreprise dans sa déclaration d’impôts. 

Alors, à quoi faut-il s’attendre exactement en cas de contrôle fiscal d’une entreprise ? Toutes les réponses à vos questions sont dans cet article.

Mini-Sommaire

Qu’est-ce qu’un contrôle fiscal d’entreprise ?

Qui peut déclencher un contrôle fiscal ? Le contrôle fiscal d’une entreprise, par définition, est un contrôle effectué par les services de la direction générale des finances publiques (DGFIP). En ce qui concerne les entreprises, les agents du fisc cherchent à identifier d’éventuels manquements relatifs au paiement des taxes et impôts dont elles doivent s’acquitter, à savoir :

  • l’impôt sur les sociétés (IS) ;
  • la TVA ;
  • la cotisation foncière des entreprises (CFE), etc. 

À noter : les manquements à la législation fiscale sanctionnés dans le cadre d’un contrôle fiscal d’entreprise peuvent avoir été commis de bonne foi, c’est-à-dire sans intention de ne pas respecter la loi, ou de manière délibérée. Ils donnent alors lieu à un redressement fiscal de l’entreprise.

Quel est l’objectif du contrôle fiscal d’une entreprise ?

Pourquoi un contrôle fiscal d’entreprise ? Il est normal de se poser la question du pourquoi d’une telle procédure. En réalité, le contrôle fiscal des entreprises a deux objectifs. 

D’une part, le contrôle fiscal a pour but de recouvrer les sommes dues à l'administration fiscale par les entreprises qui n’ont pas respecté la législation en vigueur.

D’autre part, le contrôle fiscal vise à lutter contre la fraude. Grâce à ce contrôle, l'administration fiscale peut détecter les fraudes pour travail dissimulé, les activités occultes ou encore le blanchiment d’argent. De même, le contrôle fiscal des entreprises permet d’identifier les entreprises qui ont mis en place des montages financiers complexes dans le but d’échapper au paiement de l’impôt en France. 

 Bon à savoir : il existe une charte des droits et obligations du contribuable qui établit les règles à respecter tant par l’administration fiscale que par l’entreprise contrôlée. D’ailleurs, les dispositions de cette charte sont opposables à l’administration.

Pour tout entrepreneur, la meilleure défense en cas de contrôle fiscal est une bonne préparation en amont. Tenir une comptabilité rigoureuse, classer et conserver tous les justificatifs (factures, relevés bancaires, contrats), et s'assurer de la cohérence entre les documents comptables et les déclarations fiscales sont des pratiques fondamentales. De nombreux entrepreneurs font appel à un expert-comptable, ce qui peut s'avérer un investissement judicieux pour s'assurer de la conformité de leurs déclarations et pour la constitution d'un dossier solide en cas de contrôle.

Comment l’administration fiscale identifie les entreprises à contrôler ?

Qu'est-ce qui déclenche un contrôle fiscal société ? Le contrôle fiscal d’une entreprise peut intervenir pour trois raisons principales, expliquées dans les articles L47 à L52 B du Livre de procédures fiscales. 

Tout d’abord, il y a le contrôle fiscal d’entreprise sur dénonciation. Il s’agit du cas où un tiers a contacté l’administration fiscale pour dénoncer les agissements de l’entreprise. La recherche d’une fraude est alors la motivation principale de l'administration fiscale, si elle estime que les allégations sont suffisamment sérieuses pour ouvrir un dossier. 

D’autre part, le contrôle fiscal d’une entreprise peut être déclenché à cause d’un faisceau d’indices qui attire l’attention de l’administration. Il peut s’agir de :

  • variations de revenus suspectes avec des déclarations de revenus très différentes d’une année sur l’autre ;
  • existence d’un compte bancaire à l'étranger ;
  • absence ou retard dans les déclarations d'impôt sur les sociétés (IS) ou de TVA ;
  • chiffre d'affaires en total décalage avec celui des autres entreprises du même secteur d'activité ;
  • différences entre les déclarations et les renseignements de l'administration ;
  • erreurs dans les déclarations d'impôt, notamment si elles se répètent ;
  • constatation d’un train de vie bien plus élevé que celui qu’est censé permettre le chiffre d’affaires ou les revenus déclarés ;
  • contrôle fiscal d'un partenaire de l'entreprise ;
  • faible rotation de stocks de marchandises, etc. 

Enfin, le contrôle fiscal d’une entreprise peut être décidé suite à des directives administratives encourageant le contrôle des entreprises de certains secteurs d’activités en priorité.

À noter : de même, l’entreprise peut être sélectionnée pour un contrôle fiscal parce que cela fait un longtemps qu’elle n’a pas été vue par l’administration fiscale par exemple.

Existe-t-il un contrôle fiscal pour les auto-entrepreneurs ?

Oui, il existe un contrôle fiscal pour les entreprises individuelles, et donc pour les auto-entrepreneurs. Bien que les obligations comptables de l’auto-entrepreneur soient simplifiées, une comptabilité doit tout de même être tenue. 

Ainsi, le contrôle fiscal de l’auto-entrepreneur peut être effectué sur pièce (à distance) ou sur place, dans le but de vérifier l’exactitude de ses déclarations. L’administration peut notamment comparer la déclaration de chiffre d’affaires et les factures de l’auto-entrepreneur à son train de vie. 

Tout comme pour les entreprises, le contrôle fiscal d’un auto-entrepreneur peut se terminer soit par un redressement fiscal, soit par la constatation d’une absence d’irrégularités.

 Astuce : avec LS Compta, vous bénéficiez d’un suivi comptable régulier et d’un accompagnement personnalisé pour répondre à toutes vos questions fiscales et comptables.

Quel est le délai de prescription en cas de contrôle fiscal d’une entreprise ?

Par principe, pour le contrôle fiscal d’une entreprise, le délai de prescription est de 3 ans. Ce délai correspond au droit de reprise de l’administration pour l’impôt sur les sociétés (article L169 du livre des procédures fiscales) et la TVA. Cela signifie que même si elle constate des irrégularités à date antérieure, l'administration fiscale ne peut pas redresser l’entreprise pour ce motif. 

Attention, ce délai de 3 ans ne vaut pas dans tous les cas. En effet, dans le cadre d’un contrôle fiscal, la prescription peut être étendue à 10 ans, notamment en cas d’activité occulte ou de procès-verbal de flagrance fiscale.

Comment se passe le contrôle fiscal d’une entreprise ?

Quelle est la procédure de contrôle fiscal d'une entreprise ? De manière générale, le contrôle fiscal d’entreprise est une procédure orale et contradictoire. Cela signifie que le chef d’entreprise, qui peut être assisté d’un avocat ou d’un expert-comptable, a la possibilité de répondre à l'administration fiscale. Le contrôle fiscal se déroule en plusieurs étapes, et peut prendre différentes formes.

Les différentes formes du contrôle fiscal

Il faut en réalité distinguer deux types de procédures de contrôle fiscal en entreprise :

  • un contrôle interne appelé « contrôle sur pièce » ;
  • un contrôle externe appelé « vérification de comptabilité ».

Le contrôle externe peut aussi prendre la forme d’un examen de comptabilité, mené à distance : l’entreprise doit alors transmettre une copie de ses fichiers des écritures comptables dans les quinze jours de la réception de l’avis d’examen. L’administration dispose ensuite de six mois au plus pour lui adresser une proposition de rectification ou l’informer de l’absence de rectification.

Pour les petites entreprises, la vérification dans les locaux de l’entreprise ne peut pas dépasser trois mois (article L52 du livre des procédures fiscales). Néanmoins, l’expiration de ce délai de 3 mois n’empêche pas le retour du contrôleur dans l’entreprise. Il peut notamment revenir pour recueillir vos observations ou instruire une requête de l’entreprise, et la loi prévoit d’autres exceptions, dont les graves irrégularités (durée portée à 6 mois) et l’activité occulte.

Le contrôle fiscal d’entreprise sur pièces

Dans ce cas, l’entreprise n’est pas informée que ses comptes et ses déclarations vont être contrôlés par l’administration fiscale. Celle-ci vérifie les déclarations de l’entreprise et leur cohérence. Il s’agit avant tout d’un contrôle de routine, qui peut avoir lieu à n’importe quel moment. La totalité du contrôle se fait au sein du bureau de l’inspecteur, donc de manière 100 % dématérialisée. 

Si l’inspecteur constate des irrégularités et décide du redressement fiscal de l’entreprise, celle-ci peut contester la décision auprès du supérieur hiérarchique. Ce dernier n’est pas pour autant obligé de l’accepter. 

D’autre part, si au cours de ses investigations, l’inspecteur estime qu’il est nécessaire d’approfondir l’examen du dossier, il peut demander à réaliser un examen de comptabilité, voire une vérification de comptabilité. 

Le contrôle fiscal d’entreprise sur place

Lorsque le contrôle fiscal de l’entreprise a lieu dans ses locaux, il s’agit d’un contrôle externe appelé vérification de comptabilité.

La notification de contrôle fiscal à l’entreprise

Elle le fait par l’envoi ou la remise d’un avis de vérification, qui mentionne, à peine de nullité, la faculté de se faire assister par un conseil de son choix (article L47 du livre des procédures fiscales). L’entreprise doit disposer d’un délai raisonnable pour s’organiser avant la première intervention, le Conseil d’État retenant un minimum de deux jours francs. En cas de contrôle inopiné, l’avis est remis au début des constatations matérielles, et l’examen des documents comptables ne commence qu’après ce délai raisonnable.

 Bon à savoir : si les locaux de l’entreprise ne permettent pas d’accueillir l’inspecteur, le chef d’entreprise peut demander à ce que le contrôle soit effectué au sein du cabinet de son expert-comptable par exemple.

Comment l’administration fiscale identifie les entreprises à contrôler ?

Le contrôle fiscal d’une entreprise peut intervenir pour trois raisons principales. 

Tout d’abord, il y a le contrôle fiscal d’entreprise sur dénonciation. Il s’agit du cas où un tiers a contacté l’administration fiscale pour dénoncer les agissements de l’entreprise. La recherche d’une fraude est alors la motivation principale de l'administration fiscale, si elle estime que les allégations sont suffisamment sérieuses pour ouvrir un dossier. 

D’autre part, le contrôle fiscal d’une entreprise peut être déclenché à cause d’un faisceau d’indices qui attire l’attention de l’administration. Il peut s’agir de :

  • variations de revenus suspectes avec des déclarations de revenus très différentes d’une année sur l’autre ;
  • l’existence d’un compte bancaire à l'étranger ;
  • l'absence ou le retard dans les déclarations d'impôt sur les sociétés (IS) ou de TVA ;
  • un chiffre d'affaires en total décalage avec celui des autres entreprises du même secteur d'activité ;
  • différences entre les déclarations et les renseignements de l'administration ;
  • erreurs dans les déclarations d'impôt, notamment si elles se répètent ;
  • la constatation d’un train de vie qui bien plus élevé que celui qu’est censé permettre le chiffre d’affaires ou les revenus déclarés ;
  • contrôle fiscal d'un partenaire de l'entreprise ;
  • faible rotation de stocks de marchandises ;
  • etc. 

Enfin, le contrôle fiscal d’une entreprise peut être décidé suite à des directives administratives encourageant le contrôle des entreprises de certains secteurs d’activités en priorité. De même, l’entreprise peut être sélectionnée pour un contrôle fiscal parce que cela fait un longtemps qu’elle n’a pas été vue par l’administration fiscale par exemple.

Existe-t-il un contrôle fiscal pour les auto-entrepreneurs ?

Oui, il existe un contrôle fiscal pour les entreprises individuelles, et donc pour les auto-entrepreneurs. 

Bien que les obligations comptables de l’auto-entrepreneur soient simplifiées, une comptabilité doit tout de même être tenue. 

Ainsi, le contrôle fiscal de l’auto-entrepreneur peut être effectué sur pièce (à distance) ou sur place, dans le but de vérifier l’exactitude de ses déclarations. L’administration peut notamment comparer la déclaration de chiffre d’affaires et les factures de l’auto-entrepreneur à son train de vie. 

Tout comme pour les entreprises, le contrôle fiscal d’un auto-entrepreneur peut se terminer soit par un redressement fiscal, soit par la constatation d’une absence d’irrégularités.

Quel est le délai de prescription en cas de contrôle fiscal d’une entreprise ?

Par principe, pour le contrôle fiscal d’une entreprise, le délai de prescription est de 3 ans. Ce délai correspond au droit de reprise de l’administration pour l’impôt sur les sociétés et la TVA. Cela signifie que même si elle constate des irrégularités à date antérieure, l'administration fiscale ne peut pas redresser l’entreprise pour ce motif. 

Cependant, le contrôle fiscal d’entreprise à 3 ans ne vaut pas dans tous les cas. En effet, dans le cadre d’un contrôle fiscal, la prescription peut être étendue à 6 ou 10 ans en fonction de la situation, mais aussi de l’objectif du contrôle.

Comment se passe le contrôle fiscal d’une entreprise ?

De manière générale, le contrôle fiscal d’entreprise est une procédure orale et contradictoire. Cela signifie que le chef d’entreprise, qui peut être assisté d’un avocat ou d’un expert-comptable, a la possibilité de répondre à l'administration fiscale. 

Le contrôle fiscal se déroule en plusieurs étapes, et peut prendre différentes formes.

Les différentes formes du contrôle fiscal

Il faut en réalité distinguer deux types de procédures de contrôle fiscal en entreprise :

●     un contrôle interne appelé « contrôle sur pièce » ;

●     un contrôle externe appelé « vérification de comptabilité ».

 

Quelle que soit la situation, l’administration dispose d’un délai pour réaliser son contrôle fiscal dans les locaux de l’entreprise. Ce délai est établi à trois mois pour les petites entreprises. Néanmoins, l'expiration de ce délai de trois mois n’empêche pas le retour du contrôleur dans l’entreprise. Cependant il ne peut revenir que pour recueillir vos observations ou instruire une requête présentée par l’entreprise.

Le contrôle fiscal d’entreprise sur pièces

Dans ce cas, l’entreprise n’est pas informée que ses comptes et ses déclarations vont être contrôlés par l’administration fiscale. Celle-ci vérifie les déclarations de l’entreprise et leur cohérence. Il s’agit avant tout d’un contrôle de routine, qui peut avoir lieu à n’importe quel moment. 

La totalité du contrôle se fait au sein du bureau de l’inspecteur, donc de manière 100 % dématérialisée. 

Si l’inspecteur constate des irrégularités et décide du redressement fiscal de l’entreprise, celle-ci peut contester la décision auprès du supérieur hiérarchique. Cependant, ce dernier n’est pas obligé de l’accepter. 

D’autre part, si au cours de ses investigations, l’inspecteur estime qu’il est nécessaire d’approfondir l’examen du dossier, il peut demander à réaliser un examen de comptabilité, voire une vérification de comptabilité. Toutefois, la décision appartient au directeur.

Le contrôle fiscal d’entreprise sur place

Lorsque le contrôle fiscal de l’entreprise a lieu dans ses locaux, il s’agit d’un contrôle externe appelé vérification de comptabilité.

La notification de contrôle fiscal à l’entreprise

L'administration fiscale a l’obligation de prévenir l’entreprise qu’elle va réaliser un contrôle fiscal. Cette information doit se faire par courrier recommandé et dans un délai minimum de 48 heures avant le début du contrôle.

Le premier contact avec l’inspecteur

Tous les contrôles fiscaux d’entreprise commencent de la même façon. Lors de ce premier échange, le vérificateur définit les modalités de son intervention. Le contribuable n'est pas sans défense face à l'administration fiscale. Cette charte des droits et obligations du contribuable est un document essentiel qui récapitule les garanties dont bénéficie l'entreprise en cas de contrôle fiscal. Elle est consultable sur impots.gouv.fr et remise sur papier à la demande de l’entreprise. Cette charte précise notamment les droits de l'entreprise à être informée, à être assistée, à formuler des observations, et à contester les propositions de redressement.

L’inspecteur chargé du dossier demande aussi un certain nombre d’informations au chef d’entreprise. Ainsi, dans le cadre d’un contrôle fiscal d’une entreprise, les documents à fournir sont généralement des documents comptables, des pièces justificatives ou encore des pièces relatives à l’activité de l’entreprise comme une liste de ses partenaires. Si sa comptabilité est informatisée, l’entreprise remet au vérificateur, au début des opérations de contrôle, une copie de ses fichiers des écritures comptables.

À noter : pensez aussi à indiquer les coordonnées de l’expert-comptable de l’entreprise, ainsi que les outils utilisés pour la comptabilité (logiciel de facturation par exemple).

Le contrôle sur place

La démarche de l’inspecteur est transparente. Il fait des points réguliers avec le chef d’entreprise. De son côté, le chef d’entreprise doit fournir les informations et les documents demandés au vérificateur. Combien de temps dure un contrôle fiscal en entreprise ? La durée d'un contrôle fiscal varie. Pour les petites entreprises, la vérification sur place ne peut pas dépasser 3 mois, ou 6 mois en cas de graves irrégularités privant la comptabilité de valeur probante. Pour les grandes entreprises, la durée est plus longue et peut s'étendre sur plusieurs mois.

Comment se préparer à un contrôle fiscal d’entreprise ?

Afin que le contrôle fiscal de l’entreprise se déroule dans les meilleures conditions possibles, il est préférable de se préparer. 

Pour cela, dès réception de la notification de contrôle fiscal, vous devez :

  • prévoir un local où le vérificateur pourra s’installer et adapter les conditions de travail ;
  • préparer tous les documents nécessaires, les codes d’accès, etc. ;
  • prévoir du temps dans votre agenda pour les entretiens avec l’inspecteur et pour recueillir les pièces complémentaires qu’il peut vous demander. 

Et pour ne pas affronter l’inspecteur seul, vous pouvez vous faire accompagner de votre expert-comptable et, si besoin, d’un avocat.

Que se passe-t-il après le contrôle fiscal d’une entreprise ?

Suite à ses vérifications au bureau ou sur place, l’inspecteur peut aboutir à deux conclusions différentes :

  • L’absence d’irrégularité : l’entreprise a parfaitement respecté la législation. Elle reçoit un avis d’absence de rectification.
  • La présence d’irrégularité : l’entreprise reçoit alors une proposition de rectification. 

 En pratique : une fois une vérification ou un examen de comptabilité achevé, l’administration ne peut plus vérifier à nouveau les mêmes écritures, pour les mêmes impôts et la même période, sauf exceptions prévues par la loi.

En cas de constat d’irrégularité, les sanctions prises diffèrent selon que l’entreprise est de bonne foi ou non. Ainsi, en cas de contrôle fiscal d’une entreprise, l’amende à régler varie :

  • si l’erreur de l’entreprise est involontaire, l’administration fiscale lui imposera le paiement du nouvel impôt avec un intérêt de retard de 0,20 % par mois ; la majoration de 10 % ne vise que les déclarations d’impôt sur le revenu ;
  • si l’erreur de l’entreprise est considérée comme volontaire, en revanche, le paiement de l’impôt sera majoré de 40 % en cas de manquement délibéré et de 80 % en cas d’abus de droit ou de manœuvres frauduleuses (article 1729 du Code général des impôts). Pour l’abus de droit seulement, la majoration est ramenée à 40 % s’il n’est pas établi que l’entreprise en a eu l’initiative principale ou en a été le principal bénéficiaire.

 Bon à savoir : il est possible de contester le redressement par écrit dans un délai de 30 jours , prorogeable de 30 jours sur demande. L’administration fiscale sera alors tenue de faire connaître sa position par le biais d’une « réponse aux observations du contribuable ». Elle peut soit délivrer une réponse positive, mettant ainsi fin à la procédure, soit une réponse négative. Dans ce dernier cas, l’entreprise peut porter le litige devant la Commission départementale des impôts directs et des taxes sur le chiffre d’affaires (CDIDTCA) ou la Commission départementale de conciliation compétente.

Enfin, si un redressement fiscal est prononcé à l’encontre de l’entreprise, que se passe-t-il pour le gérant ? Les entreprises soumises à l'impôt sur les sociétés (IS) ont un patrimoine distinct de celui de leurs dirigeants. En cas de redressement fiscal, seule l’entreprise personne morale est donc, a priori, impactée. Ainsi, lorsque des incohérences ou des anomalies ont été détectées lors d’un contrôle fiscal, l’entreprise doit payer un rappel d’impôts, ainsi que des pénalités : c’est ce qu’on appelle un redressement fiscal. Combien de temps pour payer un redressement fiscal ? Après la réception de la proposition de rectification, vous disposez de 30 jours, prorogeables de 30 jours sur demande, pour l’accepter ou présenter vos observations ; sans réponse, les rectifications sont réputées acceptées. Le paiement n’intervient qu’après la mise en recouvrement.

 Question fréquente : redressement fiscal entreprise impossible de payer, comment ça se passe ? En cas de redressement fiscal et d’impossibilité de payer, vous pouvez demander un délai de paiement à votre Service des Impôts des Entreprises (SIE) ou solliciter un plan d’échelonnement. Vous pouvez également demander un étalement des paiements si la situation financière de votre entreprise est particulièrement difficile.

Si le contrôle fiscal aboutit à un redressement, cela aura un impact direct sur la comptabilité de l'entreprise. L'entreprise devra comptabiliser les impôts et pénalités supplémentaires, ce qui affectera ses bénéfices et ses capitaux propres. Ces ajustements comptables devront être reflétés dans le bilan et le compte de résultat de l'exercice concerné. Par conséquent, les résultats et les ratios financiers de l'entreprise peuvent être modifiés, ce qui souligne l'importance d'une gestion fiscale rigoureuse pour maintenir la fiabilité des informations financières de l'entreprise.

Lorsque des manœuvres frauduleuses ou l’inobservation grave et répétée des obligations fiscales ont rendu impossible le recouvrement des impôts dus par la société, la responsabilité du dirigeant peut aussi être engagée. L’article L267 du Livre des procédures fiscales prévoit ainsi qu’un dirigeant peut être déclaré solidairement responsable du paiement des impôts et pénalités dus par son entreprise, ce qui engage sa responsabilité pénale.

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