
Immobilisation corporelle : principe, valorisation et comptabilisation
Thomas Wittenmeyer
Diplômé de l'ESSEC Business School.
L'amortissement d'un véhicule électrique représente un levier fiscal et comptable stratégique pour les entreprises. Comprendre ses mécanismes, de la durée d'amortissement aux plafonds applicables, permet d'optimiser la gestion de votre flotte et de bénéficier des avantages liés à la transition énergétique. Legalstart vous détaille les aspects essentiels de l'amortissement du véhicule électrique, pour vous aider à maximiser vos déductions et à investir intelligemment dans la mobilité durable.
Mini-Sommaire
L'amortissement d'un véhicule électrique est un processus comptable qui permet de répartir le coût d'acquisition du véhicule sur sa durée d'utilisation prévue. Dans le contexte professionnel, cela se traduit par la déduction d'une partie de ce coût des bénéfices imposables de l'entreprise chaque année. Cela permet de tenir compte de la dépréciation progressive du véhicule et de refléter fidèlement la réalité économique de l'entreprise.
L'amortissement véhicule électrique est particulièrement avantageux pour les professionnels, car il permet de réduire l'assiette de l'impôt sur les sociétés ou de l'impôt sur le revenu. Il existe toutefois des règles spécifiques à respecter, notamment en ce qui concerne les plafonds d'amortissement et la durée d'amortissement.
☝️ Bon à savoir : le suramortissement véhicule électrique est un dispositif fiscal exceptionnel qui permet aux entreprises de déduire une part supplémentaire du coût d'acquisition d'un véhicule électrique, en plus de l'amortissement classique. Ce dispositif, renouvelé jusqu’en 2030, vise à encourager les investissements dans les véhicules propres et à accélérer la transition énergétique.
La durée d'amortissement d'un véhicule électrique est la période sur laquelle le coût d'acquisition du véhicule sera réparti et déduit des bénéfices imposables de l'entreprise. En règle générale, la durée d'amortissement d'un véhicule électrique est de 5 ans. Cette durée correspond à la durée d'utilisation normale d'un véhicule dans un contexte professionnel.
☝️ Bon à savoir : si un véhicule électrique est soumis à un usage particulièrement intensif (kilométrage annuel très élevé, conditions de route difficiles, utilisation constante), il peut être justifié de raccourcir la durée d'amortissement à 4 ans. Cela reflète une dépréciation plus rapide du véhicule. C’est notamment le cas pour les véhicules utilitaires électriques, qui sont souvent utilisés de manière intensive dans le cadre professionnel.
Cette durée d’amortissement du véhicule électrique professionnel varie selon :
📌 À retenir : la durée d'amortissement choisie a un impact direct sur le montant des déductions annuelles. Une durée plus courte permet d'amortir plus rapidement le véhicule, mais entraîne des déductions annuelles plus élevées.
L'amortissement d'un véhicule électrique en 2025 suit les principes généraux de l'amortissement comptable, mais avec des spécificités liées à la nature de ces véhicules et aux incitations fiscales en faveur de la transition énergétique.
Le taux d'amortissement linéaire est généralement déterminé en fonction de la durée d'utilisation du véhicule, qui est souvent fixée à 5 ans. Dans ce cas, le taux d'amortissement annuel est de 20 % (100 % / 5 ans). Cependant, il est possible dans certains cas, d'amortir sur 4 ans son véhicule, et donc d'avoir un taux de 25 %.
📝 À noter : bien que moins courant pour les véhicules, l'amortissement dégressif peut être envisagé dans certains cas. Il permet d'amortir plus rapidement le véhicule en début de période. Cependant, ce mode d'amortissement est moins courant pour les véhicules électriques en raison des plafonds d'amortissement et des incitations fiscales spécifiques.
Le calcul de l'amortissement d'un véhicule électrique permet de répartir le coût d'acquisition du véhicule sur sa durée d'utilisation, en tenant compte de sa dépréciation. La méthode la plus couramment utilisée est l'amortissement linéaire. Elle consiste à répartir le coût d'acquisition du véhicule de manière égale sur sa durée d'utilisation :
Par exemple, un professionnel acquiert un véhicule électrique pour 40.000 € HT. La durée d'amortissement est de 5 ans.
Ainsi, le professionnel pourra déduire 8.000 € de ses bénéfices imposables chaque année pendant 5 ans.
💡 Astuce : l'amortissement d'un véhicule électrique d'occasion suit les mêmes principes, mais la base amortissable est le prix d'acquisition du véhicule d'occasion. Il est également important de tenir compte de la durée d'utilisation restante du véhicule.
L'avantage fiscal du suramortissement pour les véhicules peu polluants permet aux entreprises de déduire une partie supplémentaire du coût d'achat ou de location (crédit-bail, LOA) de leurs véhicules propres. Les véhicules concernés sont ceux fonctionnant au gaz naturel, biométhane, ED95, électricité, hydrogène, B100 ou en mode "dual fuel". Le pourcentage de déduction varie selon le poids du véhicule :
Bien que l'amortissement véhicule électrique présente des avantages fiscaux indéniables, il est soumis à des limites qu'il est essentiel de connaître pour une gestion comptable et fiscale optimale. Ces limites concernent principalement les plafonds d'amortissement, qui varient en fonction du niveau d'émissions de CO2 du véhicule.
Niveau d'émissions de CO2 |
Plafond d'amortissement |
De 0 à 19 g/km (électrique) |
30.000 € |
De 20 à 59 g/km |
20.300 € |
De 60 à 129 g/km |
18.300 € |
Supérieur ou égal à 130 g/km |
9.900 € |
⚠️ Attention : les plafonds d'amortissement peuvent être modifiés par la loi de finances. Il est donc indispensable de se tenir informé des évolutions législatives et réglementaires.
Si le coût d'acquisition du véhicule dépasse le plafond applicable, seule la fraction du coût correspondant au plafond sera prise en compte pour le calcul de l'amortissement.
La comptabilisation de l'amortissement véhicule électrique suit les principes comptables généraux, mais nécessite une attention particulière en raison des spécificités fiscales applicables aux véhicules propres.
L'annuité d'amortissement est enregistrée par une écriture comptable à la clôture de l’exercice :
Contrairement à certaines idées reçues, il n'existe plus de plafond d'amortissement pour la batterie d’un véhicule électrique seule, depuis 2023. Les règles fiscales considèrent le véhicule électrique comme un tout. Ainsi, les plafonds d'amortissement fixés par l'administration fiscale s'appliquent au véhicule dans son intégralité, batterie incluse.
Le coût d'acquisition de la batterie est donc intégré au prix d'achat total du véhicule, et c'est ce montant global qui est soumis aux plafonds d'amortissement en vigueur, lesquels sont déterminés en fonction des émissions de CO2.
La batterie étant considérée comme une composante du véhicule, les conditions d'amortissement sont les mêmes que pour le véhicule lui-même. Cela signifie que l'amortissement doit être réalisé selon les règles comptables et fiscales en vigueur, en respectant les plafonds d'amortissement applicables au véhicule.
Il est tout de même conseillé, si cela est possible, que la facture d'achat du véhicule sépare bien le prix de la voiture, et le prix de sa batterie. Cela permet une comptabilité plus claire, et une meilleure vision des coûts.
La durée d'amortissement de la batterie est la même que celle du véhicule : en général, 5 ans. Comme pour le véhicule, cette durée peut être adaptée en fonction de l'utilisation du véhicule et des politiques comptables de l'entreprise.
📝 À noter : il est bon de savoir que du fait des évolutions technologiques rapides des batteries, certaines entreprises peuvent choisir de pratiquer des durées d'amortissement plus courtes pour refléter une éventuelle obsolescence plus rapide.
Dans le cas où une batterie doit être remplacée, et donc rachetée, cette nouvelle batterie pourrait elle aussi être amortie.
Oui, l'achat et l'installation d'une borne de recharge peuvent être amortis comme un actif de l'entreprise. Des aides et des taux de TVA réduits peuvent s'appliquer selon le lieu d'installation.
L'amortissement d'une Tesla suit les règles générales d'amortissement des véhicules, en tenant compte des plafonds fiscaux liés aux émissions de CO2. Il est aussi possible d'amortir les améliorations apportées au véhicule.
La TVA sur l'achat du véhicule lui-même n'est généralement pas récupérable, mais la TVA sur l'électricité consommée pour recharger le véhicule l'est. Les taux de déduction varient en fonction du type de véhicule.
Principales sources législatives et réglementaires :
Thomas Wittenmeyer
Diplômé de l'ESSEC Business School.
Sous la direction de Pierre Aïdan, docteur en droit et diplômé de Harvard.Fiche mise à jour le
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