
Société en commandite simple (SCS) : le guide complet
Léna Cazenave
Vous avez un projet de création d’entreprise en solo et vous hésitez, pour votre statut juridique, entre entreprise individuelle et société ? Vous avez raison, ce choix a des conséquences importantes sur la vie de votre business ! Les termes « entreprise » et « société » sont le plus souvent employés sans distinction. Pourtant, derrière ces deux termes se cachent des réalités bien différentes sur un plan juridique, mais aussi comptable et administratif. Distinguer ces deux statuts est donc essentiel, car vos obligations ne seront pas les mêmes. L’entreprise individuelle a des avantages et des inconvénients, tout comme la forme de société.
Pour vous aiguiller, on reprend donc dans cet article les principales distinctions entre entreprise individuelle et société et on vous guide dans votre projet !
Mini-Sommaire
L’entreprise individuelle, par définition, est une structure juridique qui permet à une personne physique d’exercer une activité seul, à son propre compte, avec une grande liberté pour agir. Les formalités liées à la création, puis à la gestion de l’entreprise au long de sa vie sont plus réduites et moins contraignantes qu’en société. Cela en fait une excellente option pour démarrer un projet sans coût ni difficultés particulières.
L’entreprise individuelle, en effet, ne nécessite pas :
☝️ Bon à savoir : conséquence de ce dernier point, une personne physique ne peut donc posséder qu’une seule entreprise individuelle.
L’entreprise individuelle se prête aussi bien à une activité commerciale que libérale, artisanale ou agricole.
La société, qui peut prendre différentes formes, se définit comme une structure juridique qui a une personnalité juridique propre, distincte de son dirigeant ou des associés qui la composent.
La société dispose de son propre nom, appelé dénomination sociale. Elle a également un objet social, correspondant à l’activité principale exercée, ainsi qu’une forme sociale relative au type de société créé (SARL, SAS, SA, SCI, etc.).
☝️ Bon à savoir : on peut tout à fait créer une société seul. Dans ce cas, on est associé unique et on choisit entre SASU et EURL.
Lors de la création d’une société, on crée aussi une personne morale : c’est une entité qui possède donc un nom, une adresse propre (celle de son siège social) et un patrimoine distinct de celui du dirigeant. Ceci impose donc plusieurs formalités dès le départ :
Si vous vous projetez dans le temps en songeant à accueillir de nouvelles personnes autour de la table, il sera plus judicieux dans ce cas de créer une société.
📝 À noter : la durée de vie d’une société ne peut pas excéder 99 ans.
Si vous vous demandez par exemple s'il faut que vous créiez une société, comme une SARL, ou une entreprise individuelle, il faut d'abord que vous sachiez si ces deux formes juridiques sont ouvertes à tous.
Tout entrepreneur majeur ou mineur émancipé peut créer une entreprise individuelle. Ce statut est accessible sans condition de nationalité, mais certaines professions réglementées imposent des diplômes ou des autorisations préalables.
📝 À noter : les personnes physiques ne peuvent pas être associées dans une entreprise individuelle, car l’EI repose sur une gestion individuelle.
La création d’une société est ouverte à toute personne physique ou morale. Les personnes physiques doivent être majeures. Les mineurs émancipés peuvent également fonder une société.
☝️ Bon à savoir : les majeurs sous tutelle et sous curatelle ne disposent pas du droit à créer une société, contrairement aux majeurs sous sauvegarde de justice.
La nationalité française n’est pas exigée pour entreprendre en France. Si vous n’êtes pas ressortissant européen, vous devez toutefois disposer d’un titre de séjour autorisant l'exercice d'une activité professionnelle sur le territoire.
Contrairement à l’entreprise individuelle, la société permet de s’associer avec d’autres personnes (dans le cas des sociétés à plusieurs associés) ou de rester seul (SASU, EURL).
L’entrepreneur individuel est seul responsable de la dette de son entreprise. Toutefois, depuis l’entrée en vigueur le 15 mai 2022 du nouveau statut d’entrepreneur individuel, il n’y a plus qu’un statut unique, l’EIRL ayant disparu. Ce nouveau statut permet une protection automatique de votre patrimoine personnel, sans qu’il soit nécessaire de procéder à une déclaration d’affectation (comme c’était le cas pour l’ancienne EIRL). Ainsi, vos biens personnels sont protégés sauf en cas de fraude ou de non-respect de vos obligations professionnelles.
☝️ Bon à savoir : vos créanciers peuvent aussi exiger de renoncer à la séparation de vos patrimoines personnel et professionnel.
Dans une société, la responsabilité est généralement limitée au montant des apports que vous faites en capital social. Certaines sociétés n’imposent pas de capital social minimum : vos apports peuvent donc se limiter à 1 € en pratique. Cela signifie que vos biens personnels sont protégés en cas de difficultés financières, sauf faute de gestion avérée.
⚠️ Attention : si vous donnez des garanties à vos créanciers, comme une caution personnelle par exemple, dans ce cas vos biens personnels sont également engagés.
Entreprise individuelle ou société ? Le fonctionnement interne de ces deux entités est bien différent. On fait le point.
L’entreprise individuelle se caractérise par une gestion quotidienne simplifiée. En tant qu’unique décideur, vous n’avez pas de comptes à rendre à des associés. La fiscalité repose sur votre chiffre d’affaires (CA). Celui-ci est imposé à l’impôt sur le revenu dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux (BIC) ou des bénéfices non commerciaux (BNC), selon l’activité.
Les déclarations sociales et fiscales se réalisent et se gèrent simplement via le site de l’URSSAF. Vous devez procéder à la déclaration de votre chiffre d’affaires tous les mois ou tous les trimestres selon la périodicité de votre choix.
Si vous choisissez le régime de la micro-entreprise, vous bénéficiez d’un système fiscal et social simplifié. Toutefois, au titre des inconvénients, vous êtes soumis à un plafond annuel de chiffre d’affaires :
📝 À noter : en cas de dépassement, vous basculez vers un régime fiscal classique.
Si vous optez pour le régime micro-entrepreneur, vous êtes également en franchise de TVA en deçà de certains seuils de CA. Ceux-ci sont les suivants :
Le fonctionnement de l’entreprise individuelle présente donc avantages et inconvénients. Privilégier la création d’une entreprise individuelle à la création d’une société peut être opportun pour les futurs entrepreneurs qui souhaitent avoir peu de contraintes au cours de la vie de leur entreprise.
Voici les principaux avantages de la gestion simplifiée en entreprise individuelle :
En définitive, créer une entreprise individuelle plutôt qu’ouvrir une société permet de ne pas s'encombrer avec des formalités de gestion complexe et de se concentrer sur l’essentiel : le développement de son activité.
La société est dirigée par un gérant (dans le cas de l’EURL) ou par un président (pour la SASU). Ce dirigeant a pour fonction de représenter la société aux yeux des tiers, qui peuvent être des partenaires, des fournisseurs, la banque, etc. Il peut signer les contrats pour la société.
Il prend également toutes les décisions qui s’imposent pour la société. La gestion d’une entreprise d’une société suppose de respecter des formes particulières de décisions, qui dépendent de la forme de votre société et qui n’existent pas en entreprise individuelle.
☝️ Bon à savoir : dans le cas d’une société unipersonnelle et en l’absence d’associés, la prise de décision est simplifiée puisqu’il n’a pas de comptes à rendre.
Ces deux formes offrent une structure adaptée aux entrepreneurs souhaitant une responsabilité limitée au montant des apports.
L’imposition par défaut est l’impôt sur les sociétés (IS), qui permet de taxer les bénéfices réalisés par la société avant leur distribution. Toutefois, il est possible d’opter durant 5 ans maximum pour l’impôt sur le revenu (IR), sous réserve que la société remplisse certaines conditions (chiffre d’affaires, nombre d’associés, etc.).
La SASU, forme individuelle de la SAS, offre davantage de flexibilité dans son fonctionnement. Les statuts sont fixés librement, et le régime social du président rémunéré est celui d’un assimilé-salarié, qui bénéficie donc d’une meilleure protection sociale.
L’EURL bénéficie d’un formalisme plus strict, car la loi encadre rigoureusement les statuts et les formalités administratives. L’associé unique et gérant ne profite pas de la même protection sociale : il est TNS (travailleur non salarié) et n’est pas aussi bien couvert en cas de problème.
Cependant, toutes deux impliquent des obligations comptables rigoureuses :
📝 À noter : présenter votre activité par le biais d’une société est toujours plus crédible que d’exercer en son nom pour les investisseurs. La société est gage de stabilité, de confiance alors que l’entreprise individuelle renvoie plutôt une image de risque, d’instabilité. Les investisseurs, les établissements bancaires ou le public auront plus envie d’investir dans votre projet si vous avez une société.
Créer une entreprise individuelle ou une société impose de réaliser des formalités bien différentes. Voici lesquelles.
Comment créer une entreprise qui soit une entreprise individuelle ? De façon très aisée, car les formalités administratives à accomplir pour créer une EI sont réduites. Il faut désormais s’immatriculer en ligne via le site du guichet unique de l’INPI, une procédure centralisée qui simplifie les démarches administratives.
Les documents requis incluent :
Vous devez également déclarer votre activité en choisissant un code APE correspondant à votre secteur.
Une fois l’immatriculation validée, vous obtenez un numéro SIRET et êtes inscrits au registre national des entreprises (RNE).
☝️ Bon à savoir : lors de la création de son entreprise individuelle, vous avez toujours la possibilité d’opter pour le régime simplifié d’auto-entrepreneur. Il s’agit d’une option offerte au créateur d’une entreprise individuelle. Si ce dernier choisit l’option, il devra remplir des formalités additionnelles.
Après l’entreprise individuelle, la société : pour créer une société, les formalités sont plus nombreuses et contraignantes. En effet, le statut de société impose plusieurs démarches administratives :
Vous recevrez ensuite votre numéro SIREN et votre code APE, et vous serez inscrit au Registre National des Entreprises ou au Registre du Commerce et des Sociétés s’il s’agit d’une société commerciale. Vous recevrez un justificatif ou un extrait Kbis attestant de votre immatriculation.
💡 Astuce : n’hésitez pas à avoir recours aux services de Legalstart pour vous faire accompagner dans cette étape.
Le coût de création d’une entreprise individuelle ou d’une société n'est pas le même. En effet, les formalités sont plus complexes et nombreuses en société, et le tarif global peut vite être plus élevé.
Créer une entreprise individuelle est gratuit : l’inscription sur le site de l’INPI n’impose aucun frais pour les activités libérales et agricoles. Toutefois, vous devrez vous acquitter de :
☝️ Bon à savoir : comptez aussi les éventuels frais de démarrage de votre entreprise (local, compte bancaire, assurance, matériel, marketing, dépôt de marque, etc.)
Créer une société emporte des frais obligatoires. En effet, pour la création d’une EURL ou d’une SASU, il vous en coûtera :
Vous pouvez également avoir besoin de payer des frais supplémentaires :
Pour vous aider à vous décider entre entreprise individuelle ou société, voici un tableau récapitulatif des différences entre ces 2 statuts :
Critère |
Entreprise individuelle |
Société |
Personnalité morale |
Pas de personnalité morale : entreprise en nom propre |
Personnalité morale distincte de celle du dirigeant |
Responsabilité |
Limitée au patrimoine affecté à l’entreprise |
Limitée aux apports en capital |
Fiscalité |
● Impôt sur le revenu ● Pas de TVA en régime micro-entrepreneur |
● IS par défaut en SASU (choix possible de l’IR) ● IR par défaut en EURL ● Assujettissement à la TVA |
Gestion |
● Prise de décision directe ● Formalités comptables et déclaratives simplifiées |
● Prise de décision selon les statuts, en AG ● Obligations comptables et déclaratives rigoureuses |
Formalités |
Simples et rapides sur le site du Guichet unique |
Formalités obligatoires complexes : ● Rédaction des statuts ● Constitution et dépôt du capital social ● Publicité dans un JAL ● Déclaration des bénéficiaires effectifs ● Immatriculation sur le site du Guichet unique
|
Coûts de création |
Faibles (de 0 à 50 €) |
Élevés (de 200 à 3.000 €) |
Vous l’avez compris, entreprise individuelle ou société ne désignent pas la même façon d’exercer son activité.
L’entreprise individuelle (idéalement en optant pour la création d’une micro-entreprise) est à favoriser si vous vous lancez, en activité principale ou secondaire, et que vous souhaitez tester votre projet avant d’investir de l’argent et du temps dans sa réalisation. Si à l’inverse, vous vous projetez dans le temps en songeant à accueillir de nouvelles personnes autour de la table, il sera plus judicieux dans ce cas de créer une société.
Si vous avez le choix entre entreprise individuelle ou société, il peut être préférable de créer une société, car ce statut juridique limite votre responsabilité personnelle au montant de vos apports. Ce statut convient particulièrement aux projets importants nécessitant des investissements ou qui peuvent déboucher sur l’entrée de nouveaux associés. De plus, les sociétés, comme l’EURL ou la SASU, offrent une image plus professionnelle et facilitent l’accès à des partenaires financiers.
Passer d’une entreprise individuelle à une société permet d’accroître votre crédibilité, d’attirer des investisseurs et de s’associer. Cela offre également des avantages fiscaux selon votre situation, notamment grâce au passage à l’impôt sur les sociétés.
La principale différence entre entreprise individuelle et société est que l’EI n’a pas de personnalité morale distincte de celle de son dirigeant. Celui-ci est libre d’agir et de prendre toutes les décisions pour son entreprise. Une société est une personne morale, une entité différente de son dirigeant et des associés. Elle suppose aussi plus de formalisme à la création, dans sa gestion et dans la prise de décision.
Principales sources législatives et réglementaires :
Note du document :
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