Libération du capital social en SAS : comment ça marche ?
Que devez-vous savoir sur les stock options ?
Chloé Tavares de Pinho
Diplômée de l’INSEEC et de l’Université de Reims en droit des affaires.
Sous la direction de Pierre Aïdan, docteur en droit et diplômé de Harvard.
Les stock-options sont un mécanisme de rémunération utilisé par les entreprises pour attirer et fidéliser leurs salariés. Elles offrent la possibilité d'acheter des actions de l'entreprise à un prix fixé à l'avance, souvent avantageux. Ce système permet aux employés de profiter de la croissance de la société et de réaliser des gains financiers en cas de revente.
Quelles entreprises peuvent émettre des stock options ? Comment fonctionnent les stock options ? Quels sont les avantages et les inconvénients des stock options ? Comment acheter des stock options ? Quelle est la fiscalité applicable aux stock options ? Comment déclarer une plus-value sur des stock options ? Legalstart vous aide à y voir plus clair.
Mini-Sommaire
Qu’est-ce que les stock options ?
Les stock-options, par définition, sont un mécanisme qui permet à un salarié d'acquérir des actions de l'entreprise dans laquelle il travaille à un prix fixé à l'avance.
☝️ Bon à savoir : ce tarif est appelé "prix d'exercice".
Cela signifie que le salarié obtient le droit, mais pas l'obligation, d'acheter un certain nombre d'actions de son entreprise à ce prix, peu importe l'évolution future de la valeur de ces actions.
📝 À noter : en général, le salarié doit attendre une période définie avant de pouvoir exercer cette option (souvent plusieurs années).
Dans certains cas spécifiques, comme un départ à la retraite ou un licenciement, ce délai peut être réduit, permettant au salarié d'exercer ses options plus tôt.
L'intérêt des stock-options réside dans le fait que si le cours de l'action de l'entreprise augmente entre le moment de l'attribution et celui de l'exercice, le salarié peut réaliser un gain en les revendant à un prix supérieur à celui auquel il les a achetées.
Quelles entreprises peuvent émettre des stock options ?
Les entreprises qui peuvent émettre des stock-options incluent à la fois celles cotées en Bourse et celles non cotées.
Les entreprises cotées en Bourse
Les entreprises cotées en Bourse, souvent de grandes sociétés établies, utilisent couramment les stock-options pour attirer et fidéliser leurs employés.
Cela permet aux salariés de bénéficier directement de la croissance de l'entreprise en capitalisant sur la hausse de la valeur des actions. Ce qui rend l'offre de stock-options particulièrement attractive.
Les entreprises non cotées en Bourse
Les entreprises non cotées, telles que les SAS (société par actions simplifiée), peuvent également proposer des stock-options.
Dans ces entreprises, les stock-options peuvent être utilisées comme un moyen d'attirer des talents, notamment lorsque la société ne peut pas offrir des salaires compétitifs. En offrant la possibilité de participer à la croissance future de l'entreprise, elles compensent les risques pris par les salariés dans ces structures plus jeunes ou moins établies.
Comment fonctionnent les stock options ?
Le fonctionnement des stock-options repose sur un plan spécifique décidé par l'entreprise. Voici les étapes clés :
- décision de l’attribution ;
- fixation des conditions ;
- incessibilité des options ;
- réalisation de plus-value ;
- et délai de portage.
Décision de l'attribution
L'assemblée générale extraordinaire (AGE) d'une entreprise décide si elle souhaite proposer des stock-options à ses employés et à ses dirigeants.
Cette décision repose sur un rapport préparé par la direction et les commissaires aux comptes.
Elle définit également la durée pendant laquelle les options peuvent être offertes.
Fixation des conditions
Une fois la décision prise, le conseil d'administration ou le directoire de l'entreprise détermine les modalités précises du plan de stock-options.
Cela inclut :
- le nombre d'options attribuées ;
- le prix auquel les salariés pourront acheter les actions ("prix d'exercice") ;
- et la possibilité ou non d'appliquer un rabais.
📌 À retenir : le prix d'exercice peut être inférieur à la valeur des actions au moment de l'attribution.
Les bénéficiaires peuvent inclure des salariés, des dirigeants ou des cadres de sociétés appartenant au même groupe, sous certaines conditions et dans la limite de plafonds individuels et collectifs.
Incessibilité des options
Les options ne peuvent pas être vendues ou transférées avant qu'elles n'aient été exercées.
Une fois que l'employé exerce ses options, c'est-à-dire qu'il achète les actions à un prix fixé, il devient propriétaire des actions et peut les vendre sur le marché si l'entreprise est cotée.
Réalisation de plus-value
L'objectif principal des stock-options est de permettre aux employés d'acheter des actions à un prix inférieur à leur valeur future.
Si la valeur de l'action a augmenté depuis l'attribution des options, le salarié peut réaliser une plus-value en les revendant à un prix supérieur au prix d'exercice.
Délai de portage
Les stock-options sont soumises à une période de conservation, pendant laquelle le salarié ne peut pas exercer ses options.
☝️ Bon à savoir : ce délai varie selon les entreprises, mais il est souvent étalé sur plusieurs années, incitant ainsi les employés à rester dans l'entreprise à long terme.
Par exemple, il est fréquent de voir des options être acquises progressivement, à raison de 25 % par an sur 4 ans.
Quels sont les avantages et les inconvénients des stock options ?
Il existe de nombreux avantages aux stock options, mais également quelques inconvénients.
Les avantages des stock options
Les avantages des stock options sont :
- la possibilité de réaliser une plus-value pour les employés lors de la revente des actions à un prix supérieur ;
- la fidélisation des employés qui sont soumis à un délai de portage pour bénéficier de ces options ;
- la motivation des salariés à contribuer activement à la croissance et à la réussite de l'entreprise ;
- le complément de rémunération qui permet d'offrir un avantage attractif sans grever la trésorerie de l'entreprise ;
- et le rabais potentiel quand les employés achètent les actions à un prix inférieur à leur valeur marchande lors de l'attribution des options.
Les inconvénients des stock options
Il existe également plusieurs inconvénients :
- la fiscalité des stock-options peut être lourde ;
- le risque lié à la volatilité des actions, notamment si la valeur des actions de l'entreprise diminue en dessous du prix d'exercice ;
- la présence de périodes de blocage et de portage qui empêchent les employés d’exercer leurs options immédiatement ;
- l’incertitude sur les gains ;
- et la restriction d'usage où les employés ne peuvent ni vendre les stock options ni en tirer des bénéfices avant d'avoir levé l'option.
Comment acheter des stock options ?
Pour acheter des stock-options, il faut d'abord que l'entreprise les attribue à certains salariés ou à certains dirigeants, en définissant des conditions comme le prix d'exercice et le nombre d'options.
Ensuite, il y a souvent une période d'indisponibilité, durant laquelle l'employé ne peut pas encore acheter les actions.
Une fois cette période passée, l'employé peut lever ses options et acheter les actions au prix fixé. Il a alors le choix de vendre les actions immédiatement ou de les conserver en espérant que leur valeur augmente davantage.
Quelle est la fiscalité applicable aux stock options ?
La fiscalité des stock-options est complexe et se divise principalement en deux étapes : l'acquisition et la revente des actions.
Fiscalité de l’acquisition des stock-options
Lorsque des stock-options sont attribuées, elles peuvent inclure un rabais. C’est-à-dire que le prix auquel le salarié peut acheter les actions est inférieur à leur valeur au moment de l'attribution. La fiscalité sur cette étape dépend principalement du montant du rabais accordé.
Si le rabais est inférieur à 5 % de la valeur de l'action au moment de l'attribution, il n'y a pas de taxation immédiate.
Si, au contraire, le rabais est supérieur à 5 %, la part excédant ce rabais est soumise à l'impôt sur le revenu, dans la catégorie des traitements et salaires. Elle s'accompagne aussi de prélèvements sociaux au taux de 17,2 %. Dans ce cas-là, ce montant est donc immédiatement imposé lors de l’attribution des stock-options.
Fiscalité des plus-values d’acquisition
Une fois que le salarié exerce son option, c'est-à-dire achète les actions au prix d'exercice fixé lors de l'attribution, il réalise un gain appelé plus-value d’acquisition. Cette plus-value correspond à la différence entre le prix d'achat des actions (prix d’exercice) et leur valeur au moment de l'exercice.
Pour les stock-options attribuées après le 28 septembre 2012, ce gain est traité comme un salaire et soumis au barème progressif de l’impôt sur le revenu.
De plus, une contribution salariale supplémentaire de 10 % est appliquée à ce gain, en plus des prélèvements sociaux.
Fiscalité des plus-values de cession
Après avoir acquis les actions, le salarié peut les revendre. C’est à ce moment-là que la plus-value de cession est réalisée. C’est-à-dire la différence entre le prix de vente des actions et leur valeur au moment de l’exercice des options.
Cette plus-value est soumise au prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30 %. Ce taux inclut l'impôt sur le revenu à hauteur de 12,8 % et les prélèvements sociaux de 17,2 %.
☝️ Bon à savoir : si le barème progressif de l'impôt sur le revenu est plus avantageux pour le contribuable, il est possible de choisir ce régime au moment de la déclaration.
Régimes spéciaux et délais de portage
Dans certains cas, si les actions sont conservées pendant une période définie (appelée délai de portage), des taux d'imposition réduits peuvent s'appliquer. Notamment pour les actions attribuées avant le 28 septembre 2012.
Comment déclarer une plus-value sur des stock options ?
Pour déclarer une plus-value sur des stock-options, deux étapes sont à respecter :
- la déclaration du gain d'acquisition ;
- et la déclaration de la plus-value de cession.
La déclaration du gain d'acquisition
Le gain d'acquisition, qui correspond à la différence entre le prix d'exercice des stock-options et la valeur des actions au moment de leur achat, est considéré comme un revenu.
Ce montant :
- doit être déclaré dans la catégorie des traitements et salaires (formulaire 2042, cases 1AJ ou 1BJ) ;
- et est soumis à l'impôt sur le revenu au barème progressif, ainsi qu'aux prélèvements sociaux (17,2 %).
La déclaration de la plus-value de cession
La plus-value de cession, si les actions sont revendues à un prix supérieur à celui de leur acquisition, doit être déclarée dans le formulaire 2042 C relatif aux plus-values mobilières.
Cette plus-value est généralement soumise au prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30 %, mais il est possible d’opter pour le barème progressif de l’impôt sur le revenu.
📌 À retenir : si les actions sont placées dans un Plan d’Épargne Entreprise (PEE) et conservées pendant au moins 5 ans, la plus-value de cession peut être exonérée d’impôt sur le revenu, mais reste soumise aux prélèvements sociaux.
FAQ
Quelles différences entre stock options et actions gratuites ?
Les stock-options donnent aux salariés le droit d'acheter des actions à un prix fixé à l'avance. Tandis que les actions gratuites sont directement attribuées sans paiement. Les actions gratuites permettent un gain immédiat à la revente, tandis que les stock-options nécessitent un achat initial.
Quels salariés peuvent avoir des stock options ?
Les stock-options peuvent être attribuées aux salariés, aux dirigeants et aux cadres d’une entreprise, sous réserve de certaines conditions légales et plafonds. Les bénéficiaires peuvent appartenir à l’entreprise elle-même ou à des sociétés du même groupe.
Qu’est-ce qu’un gain d’option ?
Le gain d’option est la différence entre le prix d’achat (prix d’exercice) des actions via stock-options et leur valeur de marché au moment de l’achat. Ce gain est réalisé lorsque le salarié exerce ses options et achète les actions à un prix inférieur à leur valeur actuelle.
Principales sources législatives et réglementaires :
- article L225-177 - Code de commerce ;
- article 200 A - Code général des impôts.
Note du document :
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Chloé Tavares de Pinho
Diplômée de l’INSEEC et de l’Université de Reims en droit des affaires.
Sous la direction de Pierre Aïdan, docteur en droit et diplômé de Harvard.Fiche mise à jour le
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